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Petite Zoe deviendra grande ?

Le nouveau moteur R240 est plus performant que le Q210, qui reste cependant au catalogue, sous l’angle de l’autonomie moyenne et des durées de recharge.

Petite Zoe deviendra grande ?

Deux ans après son lancement, la Renault Zoe s’offre une mise à jour technologique qui lui confère plus d’autonomie et de meilleures performances de recharge. Et si le marché du VE demeure balbutiant, la direction de Renault veut croire à des premiers frémissements prometteurs.

La nouvelle Zoe vient d’être présentée par Renault, nom de baptême “R240”, R pour “Rapid Charge”, avec un gain de temps de recharge de 10 % en moyenne sur les bornes domestiques, et 240 pour signifier sa nouvelle autonomie théorique (NEDC), soit un gain de 30 km par rapport à la précédente version. Notons d’ailleurs que cette dernière, la Q210, restera au catalogue, notamment pour le segment des flottes. Si cette amélioration peut sembler secondaire, il n’en demeure pas moins qu’elle est le fruit d’un important travail d’ingénierie qui s’est traduit par le dépôt de 95 nouveaux brevets. “L’élément le plus significatif réside dans le fait qu’il n’y a plus besoin d’aimants, grâce à la mise au point d’une technologie à double-rotor, ce qui signifie aussi que nous sommes moins dépendants des terres rares”, souligne Vincent Carré, directeur commercial et marketing des véhicules électriques chez Renault.

Des progrès significatifs sur la technologie des batteries sont attendus à court terme

Le moteur R240, qui sera aussi produit dans l’usine de Cléon, est plus compact que le Q210, grâce à un travail d’amélioration qui s’est articulé autour de trois axes : une meilleure intégration des modules, une miniaturisation des modules et des espaces les séparant et une simplification, via un passage à un refroidissement par air pour la machine électrique. En outre, le boîtier d’interconnexion, l’électronique de puissance et le chargeur Caméléon ne forment plus qu’un ensemble, la taille de ce groupe de fonctions ayant été réduite de 25 %. Concrètement, cela se traduit donc par une autonomie légèrement revue à la hausse, même si le comportement de conduite reste prépondérant, et par des durées de recharge plus performantes : 13 heures sur une prise domestique, 9 heures avec la prise GreenUp de Legrand, 4 heures avec une Wall-box et une heure avec une infrastructure publique de charge rapide. Et selon Vincent Carré, d’autres bonnes nouvelles sont à attendre sur le front des batteries à court terme : “D’après les ingénieurs de l’Alliance, les choses s’accélèrent et des progrès significatifs sont en passe d’être accomplis. Chez nous, cela renvoie toujours à des technologies basées sur le lithium. Mais on voit aussi que le choix technologique de Bolloré, plus performant en valeur absolue que le nôtre, mais aussi plus contraignant, pourrait évoluer, à savoir que le fonctionnement à 80 degrés pourrait passer à température ambiante. Reste à savoir à quel horizon…”.

Le programme électrique de Renault n’est toujours pas rentable

Par ailleurs, au niveau du marché, Vincent Carré entrevoit des signes positifs pour les véhicules électriques. D’une part, et même si les volumes restent modestes, parce que les taux de croissance des ventes de VE sont très importants sur plusieurs marchés (+ 100 % en Italie, + 150 % au Royaume-Uni et + 72 % en France par exemple). Dans l’hexagone, le super-bonus a eu un réel effet sur les ventes et vient amplifier une dimension bouche-à-oreille très forte, 98 % des possesseurs de VE se déclarant très satisfaits de leur véhicule. D’autre part, les infrastructures de recharge se développent enfin. On recense ainsi 100 000 bornes de recharge publique dans le monde. En France, on devrait en compter 10 000 à la fin de l’année, avant un bond en avant en 2016 pour un total de 35 000 à 40 000 bornes. Simultanément, les corridors routiers se mettent en place et l’Europe s’appuiera sur 1 000 bornes sur autoroutes à la fin de l’année, le Royaume-Uni étant le plus dynamique en l’espèce. “Il est en outre intéressant de constater qu’il s’agit d’un phénomène mondial”, ajoute Vincent Carré. Dans ce tableau d’ensemble plutôt engageant, il reste néanmoins le point noir de la rentabilité. D’une part, parce que faute de volume suffisant, les VE sont encore dépendants des aides à l’achat des états. Ainsi, en France, la Zoe R240 est proposée à partir de 15 600 euros, aides déduites. Sans les incentives, elle est tout simplement hors marché. D’autre part, Renault perd toujours de l’argent avec son programme électrique et l’offre de LOA à 99 euros par mois est à cet égard un aveu de faiblesse. Vincent Carré ne cherche d’ailleurs pas à esquiver la question qui fâche : “Pour l’heure, nous ne sommes pas rentables. Selon l’avancée du marché, nous le deviendrons à la fin du cycle d’exploitation de cette gamme ou sur la prochaine génération de produits”.

 

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