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Kia e-Niro, le trouble-fête électrique

Kia e-Niro, le trouble-fête électrique

Kia bouscule le marché en commercialisant le tout premier SUV compact 100 % électrique, qui plus est doté d’une forte autonomie. Le constructeur vise plus de 3 000 ventes du e-Niro en France en 2019, essentiellement des versions 64 kWh en finition haut de gamme. Les premiers clients seront livrés dès janvier.

 

C’est une première sur le segment des SUV compacts. Un modèle 100 % électrique s’apprête à venir jouer les trouble-fêtes dans cette catégorie encore peu ouverte aux motorisations alternatives. Ce modèle, c’est le Kia e-Niro. Après la version hybride arrivée 2016, puis la version hybride rechargeable datant de 2017, le SUV coréen arrive donc dans une nouvelle configuration se passant de toute motorisation thermique.

 

Les objectifs de Kia pour ce nouveau venu sont ambitieux : entre 3 000 et 3 500 ventes en France sont attendues en 2019. Le e-Niro représentera alors près du tiers des 10 000 ventes du SUV, contre 55 % pour la proposition hybride et 15 % pour la version PHEV. L’intégralité du réseau de la marque est mobilisée dans cette optique avec le déploiement de bornes de recharge dans les 210 points de vente et une certification généralisée pour l’entretien des véhicules électriques. Le constructeur s’est même distingué ces dernières semaines avec l’ouverture d’un centre dédié à l’électrique dans Paris par le groupe Chapat.

 

455 km d’autonomie

 

Au regard des caractéristiques du e-Niro, l’objectif fixé par la marque semble presque prudent. Un élément clé attire d’emblée l’attention : son autonomie. Le SUV, dans sa version dotée d’une batterie de 64 kWh, est homologué à 455 kilomètres en cycle WLTP. Mis à part Tesla avec les Model S et Model X et Jaguar avec le i-Pace, aucun constructeur ne propose à ce jour une telle endurance. Le e-Niro est même annoncé à 615 kilomètres d’autonomie en cycle urbain. La version dotée de la "petite"batterie de 39,2 kWh pointe quant à elle à 289 kilomètres. Selon Marc Hedrich, directeur général de Kia, cette seconde proposition ne représente que 2 % des 450 précommandes enregistrées à ce jour. Les clients semblent donc avant tout à la recherche d’autonomie.

 

Se pose alors le problème de la recharge. Le plein d’une batterie de 64 kWh nécessite une immobilisation prolongée du véhicule, à moins que les clients aient accès à des bornes de haute puissance. Comptez 5h50 pour passer de 20 à 80 % de charge avec une borne de 7,2 kW, contre 42 minutes avec une borne de 100 kW. La plupart des clients devraient quoi qu’il en soit avoir accès à des bornes de recharge, aussi bien sur leur lieu de travail qu’à leur domicile. Précisons au passage que Kia vise 50 % de ventes à professionnels.

 

Un autre argument plaidant en faveur du e-Niro est son dynamisme. La version 64 kWh, la plus prisée, est dotée d’une motorisation de 204 ch offrant un couple immédiat de 395 Nm. De quoi réaliser le 0 à 100 km/h en seulement 7,8 secondes. Les sensations sont garanties même si ce n’est pas réellement la philosophie du véhicule. Une fois au volant, on se prend davantage au jeu de l’écoconduite que de la performance. Kia propose pour cela divers modes de récupération d’énergie que l’on peut sélectionner grâce à des palettes situées derrière le volant. Le niveau le plus efficace permet de s’affranchir de la pédale de frein. Le e-Niro est également équipé d’un sélecteur de mode de conduite. Le mode Eco+, le plus vertueux, limite la vitesse maximale du véhicule à 90 km/h et réduit la réactivité de l’accélérateur. Il semble toutefois plus pertinent d’opter pour les modes Eco ou Confort qui apportent un meilleur compromis. Le mode Sport s’adresse quant à lui aux conducteurs les plus joueurs.

 

A partir de 38 500 euros

 

Remarquons ensuite que les 453 kg de la batterie de 64 kWh ne pénalisent pas le comportement du véhicule. Kia a néanmoins été contraint de renforcer la suspension pour supporter ce poids supplémentaire. Au final, le confort est préservé, le e-Niro absorbant efficacement les irrégularités de la route. Soulignons également que la présence de la batterie dans la partie basse est un rempart face à la prise de roulis. Elle est aussi sans conséquence sur l’habitabilité. Au contraire, le e-Niro dispose d’un coffre spacieux de 451 litres.

 

L’électrification du Niro entraîne par ailleurs quelques modifications mineures d’ordre esthétique, tant à l’extérieur (calandre, feux, pare-chocs) qu’à bord, où le conducteur a par exemple sous les yeux un écran digital de 7" affichant pendant le trajet les données de conduite et de charge de la batterie.

 

Le passage au tout électrique se traduit enfin par la mise en place d’une grille tarifaire spécifique. Le e-Niro est proposé à partir de 38 500 euros en version 39,2 kWh en finition d’entrée de gamme e-Active. Mais, pour l’heure, les clients s’orientent massivement, à hauteur de 60 %, vers la version 64 kWh en finition haut de gamme e-Premium. Elle est affichée à 46 500 euros, hors bonus gouvernemental de 6 000 euros. Les premiers clients seront livrés à compter du mois de janvier.

 

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