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Aides du gouvernement : les start-up rassurées mais dans l'expectative

Les start-up restent optimistes mais prudentes en cette période de crise.

Aides du gouvernement : les start-up rassurées mais dans l'expectative

L’aide de 4 milliards d’euros annoncée le 25 mars 2020 par le gouvernement pour aider plus spécifiquement les start-up à passer ce cap difficile semble rassurer les acteurs concernés, même si la prudence reste de mise.

 

Hier, mercredi 25 mars, le gouvernement annonçait, en plus des mesures prises en faveur des entreprises en général, des dispositions spécifiques pour une catégorie d’entreprises plus fragiles que les autres, les start-up. Au total, 4 milliards d’euros sont débloqués à travers quatre pistes principales. Mais qu’en pensent les principaux intéressés ? Pour Louis-Gabriel de Causan, président et cofondateur de CapCar, l’Etat joue pleinement ici son rôle de soutien. La start-up, qui bénéficie par ailleurs des mesures en faveurs des entreprises, avec 80 % de son effectif au chômage partiel, salue les initiatives du gouvernement consenties aux start-up, et plus largement, aux sociétés.

 

« Sans ces mesures, nous serions au tapis, résume-t-il. Elles vont nous permettre de passer cette période de confinement sans y laisser trop de plumes. En tant qu’entreprise, le report des charges forcement est interessant car permet d’alléger la trésorerie. » Concernant les mesures spécifiques aux start-up, le dirigeant juge positif le dispositif de financement des bridges même si son entreprise n’est pas concernée puisque sa dernière levée de fond date d’il y a 4 mois. « Les investisseurs vont se trouver frileux, certains imaginent des scénarios catastrophiques avec une reprise lente et début 2021, et donc, une crise économique certaine. C’est donc une très bonne chose de la part de l’Etat de prendre le relai. L’Etat réalise un excellent job, à l’échelle d’une start-up ou d’une entreprise, et fait a près tout ce qui est possible dans cette situation difficile. Certes il y a des couac en termes de communication, mais je ne jette pas la pierre. Si toutes ces mesures mises bout à bout permettent de sauver des entreprises, le jeu en vaut largement la chandelle. »

 

 

 

Des attentes sur les réalisations concrètes

 

Pour Yohan Payre, cofondateur de Finnocar, les mesures prises par la BPI sont vitales pour beaucoup de start-up et pour l'écosystème plus globalement. « Les 4 milliards vont permettre à beaucoup de start-up de continuer après cette période difficile économiquement. Nous avons la chance d’être dans un pays qui a ce type d’infrastructures », souligne-t-il. Le dirigeant se montre d’ailleurs plutôt optimiste sur la situation, pourtant incertaine. « Nous traversons cette crise, comme tout le monde, dans l'incertitude, notamment relative à la date de fin du confinement et la reprise de l'activité. Nous restons optimistes sur la reprise et espérons que les effets sur l'économie ne soient pas sur du long terme, malgré ce que l’histoire montre et ce que les experts économiques en disent » poursuit-il.

 

D’autre start-up sont davantage dans l’expectative, même si elles soulignent unanimement l’effort consenti par l’Etat français. « C’est une aide intéressante qui nous permettrait d’anticiper la sortie de crise mais nous sommes en position d’attente concernant la forme et les conditions d’attribution. Nous espérons que ce plan d’urgence aidera à accélérer la reprise de nos confrères comme de nos clients », souligne Marine Piranian, responsable presse et communication de Tchek. Un discours partagé par Alexandre Launey, fondateur de Stampyt. « Pour l’instant, nous naviguons dans le flou complet depuis le début du confinement, dans notre métier mais plein d’autres activités. pour être honnête, je ne sais pas comment prendre cette annonce : nous voyons beaucoup d’annonces mais de façon concrètes, nous ne savons pas comment elles vont se réaliser. Ce qui est certain c’est que nous allons avoir besoin de soutien. En tant que chef d’entreprise, je pense d’un point de vu business, et suis très frustré sur la possibilité que cette crise puisse ralentir notre plan de développement. »

 

Un catalyseur d’innovations

 

Ces jeunes entrepreneurs préfèrent toutefois voir le verre plutôt à moitié plein. Pour eux, cette situation sans précédent ne va surtout pas ralentir leurs ambitions. « Le télétravail était déjà la norme donc cela ne bouscule pas nos habitudes. Nous continuons aussi avancer sur tous nos projets en cours et "profitons" de cette période pour améliorer notre plateforme, l'expérience client et développer de nouveaux services pour les vendeurs auto comme l'accès à un stock de véhicules. Ce genre de période assez calme permettent de pouvoir repenser la stratégie, le produit, la vision, en prenant du recul, ce que les périodes intenses ne permettent pas forcément », explique Yohan Payre, directeur général de Finnocar. Même son de cloche pour Alexandre Launay : « Bizarrement, nous prenons cette période de façon très positive. Nos équipes sont géniales -même si je n’avais déjà aucun doute de leur implication- cette crise a créé un mouvement autour du projet de l’entreprise, un mouvement fort qui nous pousse an avant. Si les équipes étaient peut-être trop focus sur notre quotidien, cette situation leur permet de prendre de la hauteur et de réfléchir pour donner encore plus de sens à notre projet. »

 

Pour Louis-Gabriel de Causan, tout challenge est une occasion de se perfectionner et de tirer du bien de cet épisode douloureux, même s’il se veut prudent. « Si le confinement dure 6 semaines, et retrouve que nous revenons plutôt rapidement à la normale, certes, ce sera pas indolore, mais vu toutes aides mise sur la table, les entreprises saines s’en sortiront, à condition de piloter l’activité intelligemment. Je suis optimiste, ce qui est le propre d’un entrepreneur ! »

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